dimanche 29 juillet 2007

Comparatif 6SN7 NOS


Il n' est pas évident de s' y retrouver dans les tubes NOS, je vais essayer de vous décrire rapidement les caractéristiques des 6SN7 de ma collection personnelle. Les différents protagonistes sont ( de gauche à droite ) :
Ligne du haut : Mullard CV2821 (version militaire de l' ECC33), STC Factory CV1988, Mullard ECC33, GEC / Osram B65 base métal, Mullard CV1988 (badgée Haltron), Philips Holland 6SN7 (badgée Mullard), TungSol Round Plate.
Ligne du bas : Sylvania 6SN7GTB, Sylvania 6SN7GTA Chrome dome, Sylvania VT231, Sylvania 6SN7W Tall Bottle, RCA 6SN7GT, RCA 5692 et RCA VT231.


A l' écoute :
Sur mon système les Mullard CV2821 et ECC33 sont très proches, le CV2821 est peut être un poil plus nette/propre, ce sont d' excellents tubes, ceux que je préfère avec les B65 : l' aération est superbe, ils sont rapides, détaillés mais absolument pas fatiguants, très ouverts, très transparents, tout est décortiqué, évident tout en restant musical et bien timbré. Leur seul petit défaut en cherchant bien c' est un grave qui pourrait être plus profond mais je pinaille.

Les CV1988 STC sont des tubes très sympas aussi, ils ont beaucoup de matière, de beaux timbres, les voix sont superbes. Ils manquent un poil de détails dans le haut, sont un poil lents mais feront des merveilles sur un système un peu trop clair.

L' Osram / GEC B65 est un des 6SN7 les plus rares, quand on en trouve ils sont souvent vendus entre 600 et 900$ la paire. Ce sont d' excellents tubes, à égalité avec les CV2821, l' image est superbe, enveloppante, ils ont énormément d' ouverture, des timbres magnifiques... je cherche encore leurs défauts (à part leur prix).

L' Haltron / Mullard CV1988 est une sorte de mix entre B65 et STC CV1988 : tout est équilibré, les timbres sont magnifiques, très pleins, l' aération et la clarté sont un peu en dessous des B65 mais leur prix aussi.

Les Philips Holland (badgés Mullard) sont au top côté aération, au dessus des ECC33 et B65, c' est un tube bluffant très très clair mais un poil éthéré, manquant un peu d' assise en bas. Au bon endroit il peut cependant faire des miracles.

Le TungSol Round Plate est un des tubes les plus côté aux US, il est aussi vendu très cher : le son est très liquide, dépourvu d' agressivité mais un peu creusé dans le haut médium, les caisses claires ne "claquent" pas, les voix sont légèrement mattes, étouffées. Excellent grave par contre, profond et articulé mais dans l' ensemble ce tube ne vaut pas du tout son prix à mes oreilles.

Les Sylvania 6SN7GTB ont un très bon rapport qualité prix, ce sont des tubes assez équilibrés mais manquant un peu de finesse, ils sont cependant nettement au dessus de n' importe quel 6SN7 de production actuelle.

Les Sylvania 6SN7GTA/B Chrome Dome sont excellents, mes préférés chez Sylvania et dans mon top 4 : bon grave, des détails, restitution très vivante, "immediate souding" comme disent les américains. Ce sont des tubes qui imagent un peu en avant des enceintes par rapport aux Mullard mais sans projeter. Très très bon rapport qualité prix.

Les Sylvania VT231 sont aussi très côtés outre atlantique mais je ne fais pas partie de leur fanclub : je les trouve très propres, peut être trop d' ailleurs, l' équilibre est assez sec, un poil montant, ils sont relativement fatiguants à l' écoute et manquent vraiment de poids dans le grave. A oublier ou à utiliser en compensation dans un système avec un grave trop rond.

Les Sylvania 6SN7W sont vendus très cher aussi, aux alentours de 400-500$ la paire. A l' écoute ce sont de très bons tubes mais pour moi ils ne creusent pas l' écart avec les Sylvania Chrome Dome, ces deux tubes sont très très proches et comme les Chrome Dome sont vendus 2 à 3 fois moins cher...

Les RCA 6SN7GT Clear Glass : tubes assez typés, très pleins, beaucoup de matière dans le médium, beaucoup de grave mais mal tenu, son assez mat manquant d' ouverture dans l' aigu. Un tube plutot moyen qui pourra compenser un système trop clair mais on ne pourra pas en faire grand chose d' autre.

Pour finir les RCA VT231 et 5692 : ils sont assez proches, excellent grave, profond et relativement tenu, le 5692 a un petit avatange dans le medium, il est un poil plus clair / propre mais ce sont deux tubes de haut niveau de ce côté là : voix / timbres superbes, belle ouverture, belle homogeneité, superbe image, les deux sont cependant un petit poil mats mais rien de grave.


Au final mes préférés sont les CV2821/ECC33 Mullard à égalité avec le B65.
Les Sylvania Chrome Domes arrivent juste derrière avec un son très "live", immédiat, rapide à égalité avec les RCA 5692 et VT231 qui sont eux un peu plus pleins, imagent un peu mieux et l' Haltron / Mullard CV1988 : question de goûts.
Pour les petits budgets les Sylvania 6SN7GTB sont très très bien.

mardi 12 septembre 2006

Acoustique : la correction électronique


Malgré leur importance les traitements acoustiques sont souvent les parents pauvres de la hifi, en particulier ceux traitant le grave, là ou paradoxalement le plus de problèmes se posent. En environnement domestique 95%, au moins, des systèmes ont une réponse dans le grave problèmatique voir très problèmatique; bien sûr le placement des enceintes et le choix du point d' écoute peuvent limiter le problème mais pour le régler plus efficacement la correction électronique est, à mon avis, le meilleur moyen.

Il n' est pas évident en effet d' installer chez soi de monstrueux bass traps ou résonnateurs de Helmotz ( ces derniers doivent en plus etre calculés précisément en fonction de votre pièce et des corrections à effectuer et ne sont pas réutilisables en cas de déménagement ou d' un simple changement de disposition dans la pièce d' écoute). Ces traitements ne sont de toute facon pas hyper efficaces et plutot compliqués, voir chers à mettre en oeuvre pour arriver à un bon résultat.

Ayant vécu longtemps avec un Tact RCS2.0 je connaissais déja les côtés vraiment intéressants de la correction : le grave devient hyper lisible, détaillé, rapide, on gagne énormément aussi sur le médium : l' effet de masque étant supprimé le grave ne "bave" pas sur le médium qui devient plus propre, transparent, ouvert.
Contrairement à ce que disent les détracteurs de ces appareils on gagne aussi énormément sur la mise en phase, la rotation de phase générée par la correction est exactement l' inverse de celle générée par la résonnance, au final les rotations de phase s' annulent, le système une fois corrigé aura une phase bien plus linéaire que sans correction.
Le fait de corriger les bosses en atténuant certaines fréquences soulage aussi les amplis et enceintes de plusieurs dB à des fréquences qui les font énormément travailler d' habitude, la distorsion baisse donc.

Au fil des mois passés à tatonner de façon empirique avec le Tact j' ai fini par définir quelques règles d' utilisation afin d' obtenir le meilleur résultat :
* "Raboter" les bosses uniquement et ne pas chercher à compenser les trous, cela ne sert de toute façon à rien à part solliciter inutilement l' ampli et les enceintes et donc à créér de la distorsion.
* Limiter les corrections à environ 350Hz au maximum et pas plus haut, les corrections dans le médium aigu étant trop pénalisantes pour la transparence

Toutefois le Tact posait plusieurs soucis : manque de transparence et d' ouverture dans l' aigu en mode analogique, le seul mode "valable" étant de l' utiliser uniquement en numérique, mais dans ce dernier cas il fallait absolument le combiner avec l' ampli Tact 2150 et tout autre source que le CD était proscrite... adieu SACD, DVD Audio, tuner, platines vinyles etc...
L' ergonomie aussi était perfectible : nécéssité d' utiliser un PC avec le logiciel propriétaire, obligation de bidouiller pour pouvoir corriger indépendament les deux canaux.
Enfin bref cette solution me semblait perfectible.



La solution presque parfaite existe pourtant et elle n' est pas nouvelle, c' est l' égaliseur paramètrique analogique.
Il permet de définir simplement les fréquences à corriger, le Q (largeur de la correction ) et le niveau d' atténuation, fonctionne en analogique et donc avec toutes les sources, SACD et vinyle inclus

La méthode est simple : armé d' un décibelmètre et d' un CD comprenant plusieures plages de fréquences (celui de Rives audio par exemple mais il en existe d' autres) on trace un graphique de la réponse en fréquence pour chaque canal (éventuellement sur une feuille prévue à cette effet, à télécharger ici ) il suffit ensuite de rentrer dans l" égaliseur les fréquences des bosses, leur largeur et l' atténuation nécéssaire en décibels... rien de plus !

Pour les installations les plus pointues Rives audio propose un égaliseur très haut de gamme, le PARC, que je teste depuis plusieures semaines et qui sera sous peu sur notre site vu les excellents résultats obtenus, mais pour les systèmes plus modestes on peut trouver des égaliseurs paramétriques dans le monde pro à partir de 150€ avec des fonctionnalités identiques, il faut rajouter le prix du décibelmètre et du CD (comptez une centaine d' euros maximum) soit au total un budget tout à fait raisonnable pour approcher la perfection dans le grave.


Une chose est sûre : tant que vous n' avez pas essayé un de ces appareils vous ne savez pas jusqu' ou peut aller votre système, ils sont à mes yeux (et surtout à mes oreilles) absolument indispensables.